Undead Stories : 16 titres dont un inédit...
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Les chroniques
de
"Undead Stories"
arrivent...





































442ème Rue N°82 - janvier 2009

The DIRTEEZ : Undead stories (CD autoproduit - www.the-dirteez.com)
Jamais à court d'idées nos rockers cryptiques préférés. Avec ce nouvel album ils inaugurent un concept qu'ils n'avaient pas encore abordé, le live
en studio, ou le concert dans votre salon, c'est au choix. Ils auraient pu sortir un live, un vrai, avec la bière, la clope et la sueur qui vont avec, avec
les hurlements hystériques et orgiaques des groupies (mâles et femelles) qu'ils ne manquent pas de réduire à leur merci à grand renfort de fuzz et
de talons aiguilles, avec la sensualité féline de Wild Cat Lou, le sang-froid goguenard de Clint Lhazar, l'assurance insolente de Jack Redrum, ou l'attaque méthodique de Don Donuts, oui, ils auraient pu faire comme ça. Mais à quoi bon ? Si je n'avais qu'un conseil à vous donner, bande de goules
gourmandes et de zombies affamés, c'est d'aller les voir directement sur scène, là où ils sont le plus à même de satisfaire vos appétits voraces de
wattophages insatiables et de décibelophiles obsédés, et non pas vous contenter d'un live qui ne saurait, finalement, guère satisfaire qu'une infime part de vos envies de rock'n'roll, d'électricité et de chaleur humaine. Non, les Dirteez ont mieux que ça à vous proposer, ce "Undead stories" qui vous offre le meilleur du groupe, soit la spontanéité, l'urgence et la précarité du live, mais aussi le confort et la sécurité du studio. Oui, mesdames et messieurs, c'est rien moins que les Dirteez grandeur (presque) nature que vous pouvez vous offrir pour le prix d'un malheureux steak-frites. On ne pourra pas dire qu'on ne vous gâte pas. Mais encore ? Telle est la question que je vois poindre dans votre regard lubrique et concupiscent. Je sens bien que vous êtes impatient d'en savoir plus, au point que vous en oublieriez presque votre savoir-vivre naturel, celui qui vous interdit, normalement, de rester béat de stupeur, bouche disgrâcieusement ouverte, un filet de bave interrogateur vous coulant le long du menton. Fermez donc cette bouche benoîte (sixtine ?) ! Voilà qui est mieux. Or donc, gentes dames et gentils damoiseaux, les Dirteez se sont dit que, plutôt que d'entrer à nouveau en studio avec une poignée de chansons flambant neuves, sentant encore l'encre humide et le papier imbibé de café et de bière, pour enregistrer l'album bisannuel auquel ils nous ont désormais habitué, ils allaient plutôt fouiller dans leurs étuis à guitare et ressortir ces bonnes vieilles playlists de concerts, toutes empreintes de traces de Converse, lacérées de coups de griffes, percées de trous de cigarettes, tachées de bibine bon marché, peut-être même, dans de rares cas, paraphées de rouge à lèvres purpurin, et de toutes ces playlists, témoignages vibrants de concerts épiques, établir la liste ultime, celle du concert idéal qu'ils auraient pu donner ces quelques dernières années.
16 titres se sont ainsi retrouvés exhumés de leur refuge douillet, 16 titres dont les Dirteez ont décidé de graver la version ultime pour nous les restituer tels quels sur ce "Undead stories". Et comme ils n'avaient pas que ça à faire, et que, de surcroît, ils tenaient à garder la saveur âcre du live, ils ont décidé de s'atteler à la tâche en une journée chrono.
Et basta ! Pas le temps donc de se la refaire parce qu'un ongle récalcitrant aurait glissé sur la corde de mi, ou parce qu'un tougoudoum sonnerait un chouïa faiblard à la fin de la 4ème mesure, ou encore parce qu'un morceau de kebab coincé entre 2 molaires aurait fait déraper quelque peu une syllabe légèrement bancale. Fi des quelques imperfections qui pourraient apparaître ça et là, on voulait du brut, du sauvage, du rèche, du graveleux, de l'agressif, du roots, on en a. Et ça fait du bien... 1 heure de concert rien que pour vous, sans blanc ni temps mort, le tout enchaîné comme une litanie électrique et jouissivement rock'n'roll. De "UFO" (le plus vieux titre du groupe, déjà sur leur premier 45t en 1987 et qu'ils jouent toujours aujourd'hui en ouverture de leurs concerts) à "Car crash", ce sont plus de 20 ans de la vie des Dirteez qui vous sont balancés dans les gencives sans ménagement. Le plus gros du disque est évidemment tiré de "Fistful of blue spells", le grand frère (7 morceaux sur les 16, dont une nouvelle version de "Dirty talk with Batman", la 3ème avec celle parue sur "Holy bat music", le tribute à Batman du label de votre serviteur), mais chaque album du groupe est représenté dans le track-listing, sans compter l'inédit de service, "River of sorrow", histoire de prouver, s'il en était encore besoin, que les Dirteez n'ont pas l'intention, non plus, de rester figés pour l'éternité dans une attitude trop passéiste. Cet album est une photo, un instantané, voilà ce qu'est le groupe en gros depuis 2006, voilà ce qu'on sait faire de nos petits doigts boudinés au jour d'aujourd'hui, on s'est fait plaisir, on vous a fait plaisir (du moins on l'espère), mais rendez-vous bientôt pour la suite de nos aventures. Rock'n'roll will never die, et les Dirteez comptent bien être de la partie pour encore un bout de temps. One two three four...
Lionel Dekanel


CAFZIC 49 à venir...février 2009

THE DIRTEEZ « Undead stories »

Encore un DIRTEEZ poisseux parmi nous… Il va de nouveau me falloir faire la poussière après le passage… Ces rockeurs à l’allure maladive porte comme on peut l’imaginer la tête des mauvais jours, il s’imaginaient peut-être suffisamment connus pour avoir enfin droit à la reconnaissance via un best of de salon, un max de tubes à l’appui, des mélodies pop à n'en plus finir… Mais non, rien de tout ça, vous le savez bien, THE DIRTEEZ sont des anti-stars, chauds, sales et poisseux, aucune major n’a voulu sortir ce best of, ils l’ont donc sorti eux-mêmes, avec l’aide du diable évidemment, chef spirituel de la bande des chauds, sales et poisseux. Il leur fallait donc inventer un nouveau concept et c’est après une intense réflexion houblonnée qu’ils inventèrent le principe du « bad off », je vous explique… : de la saturation, un son qui racle les fonds de gorges, des guitares dirty, des chants patibulaires, aaargh ! ! ! Les DIRTEEZ n’ont donc pour ce « Undead stories » pas changés du tout…normal c’est un best of, euh non un « bad off » avec des « badest hits ». J’adore la pochette, à qui sont donc ces jambes magnifiques, ces bas résilles qui motivent ? Allez, en attendant un nouvel album on se contentera donc de ressortir les longs râles rock’n rollesques du temps passé « Dirty talk with batman », « Not alone », « Gipsy rose lee », « Paradise », « The real potion n°9 », « Haunted blues », « She’s my baby », « Car crash »… Il paraît qu’au beau milieu de tout ce fatras hirsute il y a un inédit, à vous de le trouver ! ! ! (NQB)


Abus Dangereux  Face 104  mars/avril 2008




Vingt ans d'existence pour  ces salopiauds. Et quelques brouettes. Un sacré bail ! Et pas le moindre signe de repentance. D'ailleurs, même si cantonnés en bordure de la marge, ils n'ont jamais renoncé à défendre l'idée qu'ils se font de cette musique.
 

Les Dirteez, c'est le rock'n'roll des grands anciens, façonné par leur propre vision, avec sa dose de mystère, de sexe et d'abandon. Monde unique qui n'appartient qu'à eux. Et à quelques autres. Loin de l'inoffensif passe temps subventionné trop souvent de mise. On entre ici dans une autre dimension !

Le contact initial avec le quatuor commence à dater. leur premier simple, en 88, pile quand l'époque vire au hardcore. Eux nagent déjà à contre courant. Ah, fallait voir la pochette ! Lettrage à la pirate. un rien maladroit, pas mal de cuir noir, bottines pointues et mini-jupe pour Miss Wild Cat Lou. Plus un immense poste de radio témoin de la guerre froide. Avec ces murs, rose bonbonnière, tapissés de femmes généreusement dévêtues. Comme un temple informel à la gloire de Paris Hollywood. Et les deux titres, "UFO" et "Mad Boys", malgré ces basses maigrichonnes, avaient un souffle façon Rezillos / Revillos, ces Écossais tordus qui en connaissaient un rayon dans l’art de se réapproprier le passé pour mieux défenestrer le triste quotidien. Pas longtemps après, il y eut l’album, chez Go Get Organized, produit par Chris Wilson, l’ex-voix des Flamin’ Groovies deuxième formule, ancien Barracudas aussi et qui commençait là une longue traversée du désert. Tout les Dirteez, ça. Des sentimentaux, toujours à parier sur le cheval parti trop vite. Ou trop tôt. Mais eux s'en foutent, qui n’ont pas perdu une miette du plaisir de la rencontre : "Le label GGO avait proposé à plein de gens de nous produire. Il n'y a que ce fou merveilleux de Chris qui a bien voulu. Ça c'est vraiment un homme, plein de folies, de grâce, de doutes. On s'est vraiment bien entendus. Entre jouisseurs de petite vertu, ça marche toujours bien..." C’est Clint Lha-Zar qui parle.
Le chanteur, à l'origine de l'histoire, à Paris, dès le printemps 87, avec la guitariste Wild Cat Lou. Et le groupe, c'est aussi ça, cette farandole de pseudos. Tous ceux perdus en route, Blue Angel, Sly Fire, Rockin' River Fred, Random Wolf, Jungle Jeff Bones. Et ceux du jour, Redrum et Boom Spider. Comme pour donner plus d'assise à l'architecture mentale d'où s'élabore leur univers. Là, où ils se donnent comme idéal l'intérieur de la cervelle du héros d'Eraserhead. Où nous ne sommes pas certains qu'il y ait la lumière à tous les étages ! Mais Lynch, sa part d'ombre et ses héros insaisissables les fascinent depuis longtemps, et "Fire, fire", très beau simple paru en 2001 chez 442ème Rue, renvoie implicitement à Fire Walk With Me, le film opaque tiré de la nébuleuse Twin Peaks.

Alors, bien sûr, enracinée dans ce que le rock'n'roll a de plus précieux et de plus essentiel, la musique des Dirteez est proprement indéfinissable. Embrassant noise, garage rock, lueurs fifties, surf cryptique plus ce romantisme noir propre à tous ceux qui refusent de pactiser avec l'époque. Qui se nourrit aussi de passions parallèles, cinéma de série B, littérature brûlante, BD pulpeuses ou héroïnes du strip-tease d'antan. Comme la fameuse Gypsy Rose Lee, qu'ils ont célébrée sur leur premier album. Avant d'en faire un 45 t, bien trop confidentiel. "On a même les livres qu'elle a écrit comme Madame Mère et le Macchabée ou Mort Aux Femmes Nues. Et puis toutes ses biographies. Une femme qui a eu une vie de reine comme on n'en fait plus !" C'était juste avant que Clint et Lou prennent leur clique et leur claque et abandonnent la capitale, s'orientant plein sud, pour atterrir, après mille péripéties, au cœur de Marseille où ils vivent toujours à l'heure d'aujourd'hui. "On est partis surtout parce que l'on avait plus d'appartement et un ras le bol total de Paris. Vu que nous sommes des amoureux de l'histoire de la ville, des cabarets, de la Goulue, etc. Voir que c'était devenu une ville réservée, presque un parc musée où il ne risquait plus y avoir beaucoup de désordres, ça nous a donné envie de foutre le camp. Alors on a tout mis dans la fourgonnette, direction le sud de nulle part. Et puis c'était le moment pour le groupe d'aller voir ailleurs..."
Une relocalisation dont ils mettront dix ans à se remettre, discographiquement parlant, mais dont ils ne semblent pas regretter une seule seconde.
Faudra attendre 2000 pour les voir resurgir avec ce très hanté How I Lost My Fur And Became An Angel, cinq titres sombres et abrasifs, au rang duquel l'obsédant "Sick" qui ferait perdre des vocations dans pas mal d'écoles d'infirmières. Dédié à Clive Barker, J.L. Pierce, T.Rex et à l'inévitable David Lynch auquel d'ailleurs, la troublante mise en scène de la pochette faisait irrésistiblement penser. Comme pour rattraper le temps perdu, ils mettent alors les bouchées doubles pour nous donner successivement le très dérangé Labyrinth en 2001, suivi de près l'année suivante par Talisman, exercice douloureux, dont la modeste enveloppe sent les fins de mois difficiles sans que jamais l'inspiration n'en pâtisse. Un disque crépusculaire qu'ils feront à trois, sans batteur officiel, à la gloire de tous ceux qui sont trop tôt partis mais ne seront jamais loin. Bad Times for Rock'n'Roll aurait pu être le slogan d’une période cruelle. Mais c'est encore mieux que ça, un vrai défi. Et le batteur, ils semblent l’avoir trouvé désormais en la personne de Boom Spider. Comme ils ont trouvé avec Lucas Trouble l’alchimiste capable de coucher sur bande toute l’intensité de leur propos. La première rencontre se fit autour du fulgurant The Curse of the haubted cobra avant que A fistful of blue spells, en 2006 ne vienne définitivement nous convaincre que, ce coup ci, les Dirteez avaient frappé à la bonne porte. Ce que confirme Lou sans tourner autour du pot : “On voulait quelqu’un de spécial, avec un son très rock. Pas chiant et tête de nœud comme la plupart des types dans les studios. Lucas a un univers qui va bien avec le nôtre, et puis, moi, à la guitare, je sais ce que je veux, mais je ne sais pas l'obtenir seule. C’est valable pour tous les Dirteez. C'est une rencontre salutaire pour nous !" Et c'est vrai que la messe a fière allure. Avec ses cierges allumés chez les Cramps, ses prières pour Link Wray, ou le grand Ronnie Dawson, le vrai Mister Blonde. Sans oublier les incantations pour les Indiens des plaines. Du coup, on guette le prochain avec une attention toute particulière. Ils nous le promettent pour 2008. Ils ont déjà le rhum,  nous on a la patience. A chacun son gasoil !
 ALAIN FEYDRI